Vous l’achetez sans y penser. Et pourtant, cet aliment du quotidien devient soudain un poste de dépense qui surprend. Vous sentez la différence sur votre ticket de caisse, même si l’inflation générale semble se calmer. Ce décalage interroge et pousse à regarder de plus près ce produit devenu bien plus coûteux qu’il ne l’était il y a un an.
Un contexte général calme… sauf pour certains produits
Selon l’Insee, les prix à la consommation ont reculé de 0,3 % en janvier 2026 et n’ont progressé que de 0,3 % sur un an. L’énergie chute de 7,6 % et les produits manufacturés de 1,2 %. L’alimentation, elle, reste sous tension avec une hausse de 1,9 % sur un an.
Mais dans ce paysage presque stable, un produit s’échappe complètement. L’Insee observe pour lui une hausse de 17,5 % sur un an. De son côté, l’UFC-Que Choisir a analysé 52 références vendues en drive et relève des augmentations de 18 % sur un an et de 23 % sur deux ans. Aujourd’hui, le kilo atteint en moyenne 31 euros.
Le café, un indispensable devenu cher
Ce produit qui flambe, c’est le café. Celui du matin, du bureau, ou de la fin de repas. Un geste banal qui coûte pourtant nettement plus cher qu’avant.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- café en grain ou moulu : environ 20 €/kg
- capsules : près de 60 €/kg
Certaines références dépassent même ces moyennes. Le café moulu Carte Noire pur arabica 250 g est l’exemple le plus frappant : il passait de 4,12 euros en 2024 à 6,03 euros en 2025, soit une hausse de 46 %.
Des hausses liées aux récoltes et aux marchés mondiaux
Derrière votre tasse fumante, les raisons sont nombreuses. Les récoltes ont été fragilisées par des épisodes climatiques extrêmes au Brésil et au Vietnam, deux acteurs majeurs du café mondial. Quand la production vacille, les prix s’envolent.
Les marchés ont suivi cette tendance. Le prix de la matière première a quasiment doublé en un an. La livre de café est passée de moins de 2 dollars début 2024 à 3 ou 4 dollars en 2025. Cette poussée se répercute plus fortement sur les cafés en grain et moulus, qui enregistrent une hausse de 26 %. Les capsules sont un peu moins touchées, car le marketing et le packaging absorbent une partie de la hausse.
Même les cafés issus du commerce équitable sont concernés. Ils progressent de 20 % en moyenne, tout en résistant légèrement mieux.
Un produit devenu presque un petit luxe
Le café reste un indispensable pour beaucoup, mais il change de statut. Il devient une dépense que vous observez davantage. À force de hausses répétées, il ressemble de plus en plus à un petit plaisir que l’on assume, plutôt qu’à un achat automatique.
Vous le glissiez jadis dans votre panier sans réfléchir. Aujourd’hui, son prix vous arrête une seconde. Une réalité simple : ce geste du quotidien n’est plus aussi anodin qu’avant.





